Ermitage du Mont Cindre

 

Le site de l’Ermitage en ébullition !

extrait de la lettre des fêtes d'été - juin 2011

 

Jeudi 19 mai, lors d'une soirée aux allures estivales, les fresques peintes par Louis Touchagues dans la chapelle de l'Ermitage, et restaurées grâce à l'action de l'association Louis Touchagues, ont été présentées au public venu nombreux.
Pour l'occasion les jardins de rocailles étaient partiellement réouverts au public après avoir sécurisé leur accès.

Toutes les bonnes énergies de l’Ermitage étaient réunies autour de l’équipe municipale et de 300 invités : les membres de l’association Touchagues, Florence Cremer, restauratrice de fresque,  Jacques Pellegrin, de l’entreprise Comte , Gaël Robin du cabinet Archi Pat, architecte du patrimoine, Bernard Bechetoille, délégué départemental du Rhône pour la Fondation du Patrimoine, Max Vincent, Conseiller Général du Rhône, voisin ami et maire de Limonest, Muguette Dini, Sénatrice, et marraine du site de l’Ermitage.


  

Il était une fois, le jardin merveilleux de l’Ermitage.

 

Si l’on s’intéresse aux liens entre les générations, si l’on s’interroge sur les liens entre passé et présent, si l’on est curieux de l’évolution de la société et de la culture, si enfin l’on souhaite associer à son action et à son avenir, des lieux rares voir exceptionnels porteurs de valeurs fortes, et bien le patrimoine est un outil formidable, qui lie, qui met en relation, qui connecte tous ces ingrédients : générations, passé, présent, culture et action.

Ce qui nous motive dans le patrimoine de Saint-Cyr et tout particulièrement à l’Ermitage, c’est bien de faire parler les pierres, d’écouter ceux qui les ont placées là et qu’elles nous aident à construire aujourd’hui et imaginer demain.

Il faut pouvoir s’inscrire dans une continuité pour que les hommes inventent d’autres façon de ‘’vivre ensemble’’, d’autres rêves plus proches de nos modes de vies actuelles.
La mémoire et l’histoire sont les terreaux de l’avenir.

L’histoire de l’Ermitage est une longue histoire de plus de 650 ans. C’est une belle histoire pleine de rencontres, elle commence donc par : « Il était une fois. »

 

             

Il était une fois, un moine qui habitait dans une grande Abbaye au milieu des eaux, sur une Ile. Cette Ile était située sur la Saône, elle s’appelait l’Ile Barbe. Ce moine avait obtenu l’autorisation du chapitre de Lyon de se retirer du monde, de construire une chapelle, et de fonder une récluserie à Saint Cyr au Mont d’or.  

Ce moine s’appelle frère Henri. Il choisi de bâtir sa chapelle dans un lieux incroyable, exceptionnel, il décide d’installer sa chapelle sur le Mont Cindre, l’une des sept collines du Mont d’Or, face aux collines de Fourvière et de la Croix Rousse, loin du monde … mais avec vue sur le monde.

Car depuis sa colline du Mont Cindre, notre moine voit le Monde : le Rhône, la Saône, Lyon. Il voit les Alpes et les cimes du Mont Blanc.

Pendant trois siècles, les Ermites se succèdent au Mont Cindre.

Puis c’est la Révolution, l’Ermitage est saisi par l’Etat et vendu à un habitant du village.
La cloche de l’Ermitage est fondue.
Mais les citoyens de Saint-Cyr restent attachés à leur Ermitage, alors, en 1800, ils rachètent l’Ermitage avec la vente aux enchères de la récolte des noyers de la commune.

Les Ermites reviennent s’installer de façon très continue au Mont Cindre et vont modifier fortement les lieux.

 

Le site de l’Ermitage c’est une trilogie : un bâtiment encadré par deux jardins.

Et c’est l’ensemble de ces trois entités qui en fait le grand intérêt.

Tout d’abord un jardin potager, calme et raisonnable, jardin lié à la terre et ouvert sur l’horizon. Jardin illustrant l’économie de moyen d’une vie d’ermite. Le développement durable existe depuis longtemps.

Ensuite, du côté du couchant, un jardin de prière, étonnant, merveilleux, vertical, tourné vers le ciel. Un jardin minéral englouti par la végétation. Tout droit sorti de l’imaginaire, sans ordre apparent qui doit son aspect actuel au dernier moine qui l’a habité : Emile Damidot.

   

Emile arrive à l’Ermitage le 1er avril 1878, ce n’est pas un véritable Ermite, c’est un artisan: honnête, habile, astucieux, ingénieux, il est tailleur d’habits de son métier.

Depuis l’Ermitage, Emile observe la construction de la basilique de Fourvière sur la colline d’en face. S’en inspire-t’il dans ses chapelles un peu orientales? Sans doute. IL aura peut être aussi vu ou entendu parlé du palais idéal du facteur cheval qui se construit à cette époque....

Emile Damidot, dit Frère François, l’Ermite tailleur d’habits, va construire un merveilleux vêtement pour le jardin de prière de Saint Cyr.

L’étoffe de cet habit merveilleux, il le tisse avec les cailloux ramassés sur les chemins.
Il brode des pierres précieuses, faites de verres colorés sertis dans des grilles de serrurerie.
Ses mains habiles servent à merveille son esprit de poète joyeux. Les chapelles qu’il imagine il les façonne, il y dépose l’empreinte de ses doigts. Il expérimente dans ses sculptures en maçonnerie un nouveau matériaux de l’époque : le ciment artificiel.

Il draine l’eau de pluie des toitures et alimente des bassins, il plante des fleurs, des parfums de l’ombre et des couleurs dans son jardin. Il installe des personnages dans les niches. Il va sculpter pendant 39 ans ce merveilleux manteau de rocaille pour son jardin.


 

Lorsque Louis Touchagues peint les habitants du village sur les murs de la chapelle de l’Ermitage au lendemain de la guerre, 42 ans après la mort d’Emile, il poursuit l’œuvre collective des ermites du Mont Cindre.

De la même manière, les membres de l’association Touchagues s’inscrivent dans la continuité des nombreux bénévoles qui ont œuvré pour l’Ermitage. Et en 2008 c’est la municipalité qui décide d’amplifier cette démarche dans le cadre du rayonnement de Saint-Cyr.

 

2008 année du constat : Une visite du jardin abandonné de l’Ermitage révèle les dommages inévitables dus aux intempéries et à la végétation sauvage luxuriante.

2009 année du doute : Face à un jardin délabré, en ruine. Faut t’il tout raser ou y a t’il une chance de sauver ce lieux public devenu dangereux ? Un premier diagnostic est posé grâce à l’aide de l’entreprise Maia Sonier : des solutions techniques existent. A partir de là les certitudes remplacent les intuitions.

2010 année de certitude et d’action, Certitude qu’il est encore temps, certitude qu’il est possible de retrouver dans les ruines la mémoire de ce lieu étonnant. 2010 voit la signature entre Bernard Bechetoille de la Fondation du Patrimoine, Georges Berthon de l’association Touchagues et Marc Grivel, Maire de Saint Cyr, d’un partenariat qui permet de lancer une souscription publique pour financer les travaux de restauration du site.

2011 enfin, année des premiers travaux.
Pour amorcer la souscription, le conseil municipal inscrit une ligne budgétaire de 50 000€.

Une première tranche de travaux est engagée pour sécuriser l’accès du jardin devenu dangereux.

Didier Reppelin, architecte en chef des monuments historiques, visite amicalement les lieux et confirme l’intérêt patrimonial du site qui fera donc l’objet d’une demande de classement au pré-inventaire.

Les futurs mécènes devraient pouvoir trouver le label de qualité qui suscitera leur intérêt.

 

Aujourd’hui notre objectif est de rendre ce patrimoine aux habitants, de le faire connaître de trouver des partenaires modestes, des mécènes ou des fondations d’entreprises qui nous permettrons de mener à bien cette aventure.

Tous ceux qui inscrivent leurs noms sur la liste des souscripteurs pourront donc bientôt fêter ensemble la renaissance complète du jardin merveilleux de Rocaille.

 

Pour plus d'informations sur le site de l'Ermitage du Mont Cindre, rendez-vous sur http://www.ermitage-du-mont-cindre.fr/#.

 

Anne Hertz - adjointe information, communication, culture et identité du village

 

 

Visites commentées de la chapelle de l’Ermitage
contacter la Mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or 04 78 47 20 01