Saint Cyr Au Mont d'Or
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Sanctuaires anciens du mont d’or lyonnais

 

Portes ouvertes les dimanches 2 mai et 6 juin 2010 de 15h à 18h

Chapelles du Mont-Cindre à Saint-Cyr et de St Fortunat à St Didier

Eglises de St Romain au Mont-d’or et du Vieux-Collonges

Accueil assuré par l’association Louis Touchagues à la chapelle de l’Ermitage du Mont-Cindre à St Cyr au Mont d’Or

 

Mis à jour le lundi 26 avril 2010
L’ERMITAGE DU MONT CINDRE

Le Mont Cindre fut de tout temps le lieu privilégié où plus d’un anachorète vint se réfugier , bien avant la fondation de l’ermitage. L’Abbé Duplain (1890) rapporte la description d’un ermitage par St-Eucher , évêque de Lyon entre 430 et 450 , et semble persuadé que ces lignes sont destinées à l’ermitage du Mont Cindre ….

Des obscurs IXe et Xe siècles , Bolo (1840) prétend que Charlemagne avait remarqué ce petit ermitage lors de son séjour à l’Abbaye de l’Ile Barbe (Signalons tout de même que cette information se glisse dans l’œuvre romanesque Poliska ou la chaumière au mont d’or …)

La fondation de l’ermitage daterait de 1341 . Le frère Jean Henri , religieux à l’île Barbe , aumônier du château de Sathonay, obtient du Chapitre de St-Jean l’autorisation de se retirer au mont Cindre et d’y construire une récluserie . Il reçoit une aide financière de d’Isabelle Allemand , nièce de Béatrix de Sathonay ; il ajoute une chapelle sous l’invocation de « Marie , Reine des cieux »

Les archives restent muettes sur les deux siècles qui suivent et on ne trouve aucune trace matérielle de cette construction. Ce qui n’est pas étonnant si l’on considère la simplicité et le dénuement de la vie érémitique .

En 1511 , le frère Isaac reprend la récluserie qu’il place sous l’invocation de « Notre Dame des remèdes » . On retrouve cet « hermitage » vacant au milieu du XVIIe siècle .

Le 11 juillet 1650 , les habitants de St-Cyr adressent une requête au Chapitre de St-Jean réclamant un prêtre pour la paroisse et l’ermitage –(Archives du Rhône)

C’est le Frère François de l’Institut de St-Jean-Baptiste qui assure cette fonction. Le Chapitre autorise les paroissiens du voisinage à venir entendre la messe dans la chapelle de l’ermitage . Toutes les dates gravées ici et là dans la pierre de la chapelle sont de cette période(1650/1670)

En 1654 , le Chapitre choisit comme ermite un homme dynamique , le frère Jean-Jacques Fourque qui cache sous ce nom son identité royale : il est un des fils naturels d’Henri IV , et sa sœur , Jeanne Baptiste de Bourbon est abbesse à Fontevrault.

Le Frère Jean-Jacques restaure l’ermitage et la chapelle et demande au Seigneur mansionnaire du château de St-Cyr –Gaspard de Foudras de Contenson – d’établir une charte dans laquelle les droits et les devoirs du curé de St-Cyr et de l’ermite seraient précisés. En particulier le partage des aumônes , les bénéfices sur la cire blanche (les cierges) et les donations .L’ermitage relève de la juridiction du curé de St-Cyr qui seul peut y permettre un fonction curiale .

Une liste des ermites est gravée dans un marbre sur un mur de la chapelle. Nous retiendrons Louis de Guivre qui prend l’habit d’ermite le 27 juillet 1663 , c’est-à-dire « froc de bure , capuchon, énorme chapelet à la ceinture, croix pectorale »Comme les anciens anachorètes du désert ; le port de la longue barbe est obligatoire.

Puis le frère Daguerre s’installe avec le frère Jean Bocchard de l’ordre de St-François qui meurt à l’âge de 43 ans le 19 septembre 1676 . Sur sa pierre tombale visible sous le porche de la chapelle on peut lire :

YCI GIT JEAN BOCCHARD QUI NE VECU PAS ASSSEZ TARD POUR RETABLIR CET HERMITAGE

En 1702 , l’ermite est le frère Philibert, puis en 1706 Philippe Raffin de l’ordre de St-Antoine , puis le frère Antoine Congre des Cordeliers.

Vers 1740, le frère François est nommé par le curé de St-Cyr alors que les frère Pierre Chazelle du Tiers Ordre de St-François est nommé par les chanoines –comtes de Lyon. Si certains ermites apprécient la présence d’un confrère , ce n’est pas le cas de nos deux religieux qui règlent à coups de bâton leur différend sur la répartition des aumônes !

La mort du Curé de St-Cyr en 1751 , met fin à la guerre des ermites que les chanoines remplacent par le frère Claude . En 1763 l’ermite se nomme Antoine Conchet.

En 1791 , les biens du Clergé sont vendus aux enchères et l’ermitage acheté par un dénommé Néri Burel pour la somme de 340 livres . Mais l’ermitage fut complètement pillé, sauf les vêtements sacerdotaux récupérés par le curé Ranchon de la commune du Mont Cindre - nouveau nom révolutionnaire de la paroisse de St-Cyr –

En l’An VIII, la commune rachète l’ermitage et installe un gardien avec un costume semi – religieux dans cette chapelle devenue Notre Dame de la Montagne . Ce faux ermite vit du commerce de son vin et des fromages et fruits de son jardin .

Sous la Restauration , l’administration diocésaine tient à rappeler l’origine religieuse de cette chapelle et de son ermitage . Le 11 juillet 1820, M.Bochard , vicaire général consacre la chapelle sous le vocable actuel de « Notre Dame de tout pouvoir »en présence d’une foule considérable . L’ermite est alors Pierre Grataloup , fils d’un tailleur de pierres de St-Cyr . Il agrandit le jardinet creuse une grotte dans le flanc de carrière. Il est remplacé en 1824 par M. Desmares jusqu’en 1835.

Pendant quarante ans , de 1835 à 1875 , le frère Morizot consacre sa vie à l’ermitage , en contemplant la nature ou en dormant sur un rocher. Il supprime le commerce de victuailles . Est-ce pour les convenances ou simplement parce que le jardin et les vignes produisent peu…Et puis Alexandre Morizot prétend que « l’eau de la source est trop crue et qu’elle est nuisible à sa santé » , il doit donc gardé le vin pour les offices …En résumé « C’est un ermite partisant de la dolce farniente » disait le Baron Raverat . Le frère Morizot meurt en 1875.

Notons que l’ermitage a servi de magasin de munitions durant la guerre de1870 . Un ex voto rappelle que St-Cyr fut épargné de l’invasion prussienne ;

L’ermitage reste vacant pendant deux ans ; ce n’est pas le manque de candidats , mais au contraire le choix d’un véritable ermite qui en est la cause .

Enfin, le 1er avril 1878 , Emile Damidot , dit Frère François , s’installe au mont Cindre . La succession est lourde : les bâtiments sont délabrés , le jardin en friche .Mais Frère François est armé d’une foi à toute épreuve et d’un courage plein de passion qui l’aident à restaurer entièrement l’ermitage . Il déblaie , maçonne , jardine du matin au soir . Avec les pierres ramassées le long des chemins ,il construit un jardin de rocailles avec des bassins ,des chapelles et des grottes pour accueillir une quantité de statues .Il meurt devant sa chapelle à l’automne 1910.

Ce fut le dernier ermite religieux vivant en permanence dans l’ermitage.

L’ermitage reste vide pendant la première guerre mondiale . Seuls quelques religieux viennent en convalescence ; Il faut attendre le Chanoine Aubrun , Curé de St-Cyr, pour voir la chapelle s’ouvrir pour le pèlerinage annuel de Pentecôte .Puis régulièrement chaque dimanche , le sacristain Philippe Chalas reçoit les pieux visiteurs et les promeneurs curieux de grimper sur le belvédère du jardin .Il vend cartes postales et médailles.

Entre 1931 et 1939 , Charles Boyer portant soutane noire et calotte, assure l’ouverture et les visites des jardins .A la déclaration de la guerre ,il part pour Oran .Il reste dans les mémoires comme le dernier ermite , même s’il n’était que gardien .

Le Curé Dessallles prend la suite du Chanoine Aubrun et perpétue les pèlerinages où se rendent les fidèles par cars entiers ! La messe est alors célébrée sur l’esplanade puisque l’on compte environ trois cents fidèles au Pèlerinage du lundi de Pendecôte . La Fraternité franciscaine d’Oullins , ouvriers et employés de la SNCF , se chargent d’ouvrir la chapelle le dimanche de Pâques à la Toussaint La cloche appelle les fidèles pour le chapelet de 16 heures .

En 1952 le maire , Pierre Dumont fait agrandir l’esplanade de la chapelle . Son ami Louis Touchagues , artiste peintre né à St-Cyr et déjà très renommé à Paris ,décore le porche et l’abside de la chapelle . (voir site Touchagues)

A partir de 1976 l’association des Amis de Notre Dame de Tout Pouvoir anime avec dévouement l’ouverture de la chapelle et des jardins jusqu’au décès de Monsieur Chambon en 1993

C’est à l’Association Louis Touchagues qu’a été confiée désormais la responsabilité des visites , mais pour des raisons de sécurité les jardins sont fermés au public ;par contre une cassette vidéo projetée dans la sacristie permet de voir ces jardins et de connaître leur histoire .

Mis à jour le jeudi 13 mars 2008
LE JARDIN DE L’ERMITAGE

Sur le rocher creusé dans le flanc de carrière de pierre jaune par l’ermite Pierre Grataloup en 1820, Frère François construit un belvédère de 12 mètres de haut.Cinq chapelles avec clochetons et vitraux , des centaines de niches et oratoires entourent cet édifice .

La technique est la même que celle du facteur Ferdinand Cheval pour son Palais idéal : des cailloux ramassés le long des chemins , des armatures en fer , du mortier pétri à la main pour souder le tout.Il est d’ailleurs amusant de constater que les deux artistes travaillaient en même temps de 1878 à 1910 pour l’ermite de 1879 à 1912 pour le facteur ! Apparemment sans se connaître , puisque Ferdinand Cheval déclarait « … 33 ans de labeur ! que plus opiniâtre que moi se mette à l’œuvre » !

Le choix des pierres est plus restreint : pierres blanches (calcaire de surface) qui forment les chirats et les cabornes ; lorsque les broussailles envahissent les chirats les paysans les brûlent et sous l’effet de la chaleur , les pierres rougissent mais deviennent très friables ; quelques calcaires à gryphées de la Ferlatière ou St Fortunat et deux ou trois roches érodées qui ne sont pas de la région , sans doute offertes à l’ermite .

Notre dame de Tout Pouvoir
Intérieur de la chapelle
Chapelle st Ch Borromée
     
Belvédère de l’ermitage
Grotte Notre Dame de Lourdes
Escalier creusé par P.Grataloup
     
Vue du Belvédère
Chapelle du Curé d’Ars
Jardin de rocailles
     
Chapelle de Jeanne d’Arc
Calvaire
 
     
 
le jardin potager de l’ermite transformé
en terrasse et pelouse
 

Toutes les grottes étaient « habitées » par des statues et les chapelles dédiées à des saints : Chapelle St Charles Borromée , Jeanne d’Arc , François d’Assise , Curé d’Ars , etc.. avant que les intempéries , le vandalisme et les cambriolages ne les vident .

Ce jardin aurait pu être un paradis pour les oiseaux : niches et promontoires à disposition ; ce n’est pas le cas ,aucun oiseau ne s’aventure dans le jardin . Un ingénieur a proposé cette réponse :la quantité de métal enfermé dans les structures bétonnées constitue une masse perturbant le vol des oiseaux sensibles au magnétisme .Avez-vous une autre proposition à faire ?

Les rocailles sont plantées d’arbustes et de plantes odorantes : romarin ,lavande , santoline , menthe , mélisse , thym etc et toutes sortes de fleurs . Protégé des vents le jardin est luxuriant, à tel point que les racines déstabilisent les constructions.

Dans l’attente d’une restauration , l’accès au jardin est interdit pour des raisons de sécurité.

M-C Pralus

Mis à jour le mardi 17 avril 2007
LES FRESQUES DE LA CHAPELLE DE L’ERMITAGE AU MONT-CINDRE

En 1952, Touchagues renonce aux tourbillons de la vie parisienne et mondaine dont il est le peintre fétiche pour se consacrer à une œuvre de piété : les fresques de la Chapelle de l’ermitage du Mont Cindre, à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône).

Il peint ces murs en hommage à son père, peintre en bâtiment et par fidélité à son village natal où des amitiés sincères le ramènent chaque année.
Sous le dôme du porche, dont le bleu ressemble à tous les bleus des églises de campagne, Touchagues a orchestré une symphonie des saisons et des travaux des champs.

A droite les femmes et à gauche les hommes, tels des santons célébrant la gloire de "Notre-Dame de Tout Pouvoir" en médaillon au-dessus de la porte. Les personnages sont du terroir : habitants de St-Cyr ou amis lyonnais. Leurs portraits peints à fresque mêlant pigments et mortier frais dans une palette de chromes et de bleus éclatants, s’inscrivent dans un décor champêtre cher au peintre. Un pointillisme fondu décliné en teintes plus sourdes donne aux fonds et plus particulièrement à l’horizon, une douceur chaleureuse. " Il faut subir le grain du mur, la complaisance fugitive du mortier dans laquelle la couleur est fixée " confie l’artiste.

On retrouve la griffe du "peintre de la joie de vivre " dans les arabesques et les ondulations de la flore des Monts d’Or, dans le geste gracieux des femmes ou celui plus fier des paysans. Tous regardent le visage de la Vierge pour un "hommage des saisons à Notre-Dame de tout pouvoir " ; c’est ainsi que Louis Touchagues a baptisé la fresque du porche.

A la même époque, Louis Touchagues peint à fresque "Le Couronnement de la Vierge" derrière l’autel.

Il avait travaillé pour la postérité mais les intempéries, le tourbillon des feuilles et des poussières contre les murs, l’humidité endommagèrent très vite les fresques, malgré une première restauration en 1979.
En 1998, l’association Louis Touchagues prend l’initiative de la restauration des fresques du porche, en partenariat avec la Mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or , le Conseil Général du Rhône et le Lions Club de Lyon - Monts d’Or.
En 2002, l’association Louis Touchagues réalise la restauration de la fresque située derrière l’autel, toujours en partenariat avec le Lions Club de Lyon - Monts d’Or.

Visites commentées de la chapelle de l’Ermitage
contacter la Mairie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or 04 7 8 47 20 01

 

Mis à jour le mercredi 11 avril 2007
LES LAVOIRS DE ST CYR

Consultez le site de l’Association de Sauvegarde des lavoirs des Monts d’Or pour tout savoir sur les lavoirs de Saint Cyr , du Beaujolais, des Monts du Lyonnais, de Lyon et de sa périphérie et même d’autres régions françaises.

     
     
 

 

Mis à jour le mercredi 30 janvier 2008
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